Aimer la France, c’est aimer la différence.

Une grande enseigne internationale s’est installée la semaine dernière place Kléber à Strasbourg et chacun a pu être témoin des impressionnantes files d’attente des clients à l’entrée de ce salon de café. Certaines réactions que j’ai pu lire ici ou là, sur les réseaux sociaux et ailleurs, m’ont scandalisée. Plutôt que de critiquer ce commerce en condamnant d’avance la qualité de ses produits, plutôt que de jeter ses foudres sur l’attitude des jeunes qui patientent deux heures pour accéder au Starbucks, ne serait-il pas préférable de nous interroger ? Pourquoi ces jeunes accordent-ils une telle importance à l’évènement de l’arrivée de Starbucks dans leur ville ? C’est cela qu’il nous faut comprendre, et pas condamner. Cette enseigne qui a su trouver un concept qui répond à une demande de la jeunesse et au-delà de la jeunesse à beaucoup de leurs aînés. Elle rencontre le succès en Allemagne et elle a rencontré le succès à Paris avant d’arriver chez nous. Mais sait-on que beaucoup d’enseignes françaises ont su aussi réussir et essaimer dans le monde et l’on ne peut que s’en réjouir. A l’étranger, c’est devant les boulangeries Paul que je vois des files d’attente et personne ne songe à critiquer cela.

Oui, ce sont des Américains qui ont « inventé » Starbucks. Et alors ? Cessons l’antiaméricanisme. Le monde est un village. Le monde a des connexions sur toute la planète. Je dénonce ce conservatisme qui n’accepte qu’un mode de vie, le sien. Ce que j’entends, ce que je lis, c’est le refus de la différence, c’est le refus de la modernité. Ne restons pas sur une France figée sur elle-même, repliée, tournée vers le passé. Avançons avec notre temps. Les gens ont le droit d’avoir des goûts différents, des envies différentes, des idées différentes. On peut avoir envie de boire un café serré. On peut aussi avoir envie de boire un café épicé. Si nous aimons la France, nous devons aimer la différence. Nous vivons dans un pays pluriel et c’est pour cela que notre économie est et doit rester diverse. Qui impose un mode de vie, ceux qui répondent à la demande des jeunes consommateurs ou ceux qui s’en offusquent ?

Nous avons là un chef d’entreprise mulhousien, au parcours atypique, qui a su prendre sa vie en main et qui a créé 300 emplois à Strasbourg et 1000 sur le territoire français. Je salue cet entrepreneur qui n’est pas né dans un berceau doré. Je salue son parcours. Je salue son désir aujourd’hui de servir d’exemple à d’autres jeunes. Ceux qui dénigrent la réussite sont des jaloux ou des irresponsables. Plus encore lorsqu’ils sont des élus de la République. Il faut qu’on arrête de se critiquer. Il faut qu’on arrête d’imposer ses modes de vie et ses envies. Vous êtes choqués par la file d’attente ? Moi, je suis choquée par vos réactions. Vous jetez le bébé avec l’eau du bain.

Fatima Jenn

Conseillère départementale du Haut Rhin

Adjointe au Maire à Mulhouse