Des clés pour le logement à Mulhouse

La Ville a besoin d’un pilote, compétent et déterminé, pour prendre enfin à bras le corps la question du logement et du cadre de vie à Mulhouse.

Le logement est-il une priorité à Mulhouse ? Pour les Mulhousiens, il est clair que oui. Nous sommes dans une ville qui concentre 85 % des logements potentiellement indignes de l’agglomération. Cela représente plus de 3600 logements. Les Mulhousiens peuvent constater tous les jours les logements qui se dégradent, les logements vacants. La qualité du logement, c’est pourtant la condition pour que la ville retrouve son attractivité.

Le logement est-il pour autant une priorité pour la municipalité ? Pour moi, qui considère depuis très longtemps que l’habitat et le cadre de vie, c’est la première cause à défendre et à porter, je suis aujourd’hui scandalisée par la posture de la majorité municipale sur le sujet.

Un besoin de réponses à des interrogations légitimes

Le Drouot. Voilà un territoire en renouvellement urbain où la seule préoccupation de la Ville aura été de faire partir des habitants mais où la question du relogement n’est pas traitée. Quand il y a démolition, il doit y avoir une concertation avec les habitants à reloger sur leur parcours résidentiel. Elle n’a jamais eu lieu ! Pas de concertation, pas de comité de relogement. Les locataires doivent être relogés dans un logement de moins de 5 ans et ne pas subir de hausses de loyer. Ils doivent être accompagnés. Ils doivent être vus individuellement pour trouver avec eux les meilleures solutions.

Les Coteaux. J’avais depuis longtemps alerté sur le sujet des copropriétés en difficulté. L’Etat a lancé le programme Initiatives Copropriétés qui permettra d’agir. Mais je déplore le manque de coordination, le manque de moyens consacrés aux problèmes de l’habitat et du logement par la Ville de Mulhouse alors que les habitants ont besoin de réponses à leurs interrogations légitimes.  Nous avons une seule personne au Service Habitat pour gérer tous les dossiers ANRU, le dossier Initiative Copro et tous les projets contre l’habitat indigne.

Partout des logements vacants

Le Cœur de Ville, le centre et le péricentre. La Ville de Mulhouse a décliné l’aide de l’Etat pour l’Action Cœur de Ville que j’avais défendue auprès des ministres lorsque j’étais en responsabilité. Nous aurions pu avec ce dispositif revitaliser les commerces, sécuriser les rues, moderniser les éclairages urbains, lutter contre les logements indignes. 15 % des logements sont vacants à Mulhouse. Sur le quartier Fonderie, 61 % des logements vacants le sont depuis au moins 2 ans. La raison principale en est la dégradation qui nécessiterait pour y remédier une action forte impliquant tous les partenaires concernés.

Permettons aux Mulhousiens de bénéficier, comme ils y ont droit, du dispositif Denormandie d’aide fiscale pour réhabiliter l’ancien.

Permettons aux Mulhousiens de bénéficier du dispositif du ministère de la transition écologique qui permet depuis le 1er janvier aux ménages les plus modestes de remplacer leurs chaudières au fioul par un système plus performant pour 1 euro symbolique. Une prime à la conversion peut être accordée pour une nouvelle chaudière, jusqu’à un montant de 4000 € (selon revenus).

Pour une politique volontariste du logement à Mulhouse

Mener une politique municipale de l’habitat et du logement :

Cela exige un volontarisme réel, une maîtrise technique des dossiers, de leur complexité, un engagement auprès des partenaires ;

Cela exige une capacité à utiliser les outils avec intelligence ; et la capacité et la volonté de faire connaître aux habitants ce qui leur est offert, concrètement, pour améliorer leur situation :

Cela exige de la transparence et beaucoup de communication, avec l’Etat, avec l’agglo, avec le Département et bien sûr, avec les habitants, qui sont en droit d’attendre, non pas une fausse concertation, mais une participation réelle à la prise de décisions.

(dialogue avec les présidents des associations)

Cela exige enfin que l’on se donne les moyens : financiers, humains.

Mais pour tout cela, on est en droit d’attendre une autre posture du maire de Mulhouse. Un maire, à mon sens, tel que je le conçois, devrait être, un avocat, un facilitateur, un promoteur.

Un avocat, pour défendre les habitants, porter leurs besoins et leurs attentes, auprès des partenaires ;

Un facilitateur, pour organiser l’action publique, la coordonner, dans une démarche de proximité, même lorsque la problématique n’est pas de sa compétence directe ;

Un promoteur, pour porter la ville, toute notre communauté humaine, vers le haut.

La Ville a besoin d’un pilote, compétent et déterminé, pour prendre enfin à bras le corps la question du logement et du cadre de vie.