Au côté des parents seuls

Une famille sur cinq est aujourd’hui monoparentale. Trois millions d’enfants, en France, sont élevés par leur mère seule (85 % des situations) ou par leur père seul (15 %, ce qui représente tout de même 450 000 enfants). Les familles monoparentales sont de plus en plus nombreuses, que ce soit à la suite d’un décès (un cas sur quatre) ou d’une séparation (trois cas sur quatre). Il est difficile pour un « parent solo » de travailler à temps plein ; dans un cas sur deux, le parent ne travaille pas à temps plein, il travaille à temps partiel ou pas du tout, ce qui engendre une plus grande pauvreté, avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur la vie de l’enfant.

 

Les situations de ces familles sont en fait très diverses. Dans certains cas, il peut y avoir une garde alternée, dans d’autres, les plus fréquents, l’ancien conjoint n’assume plus aucune charge familiale, ni éducative ni financière. Dans 40 % des cas de séparation, la pension alimentaire n’est pas ou peu versée, ce qui entraîne une situation très critique pour le parent seul. Le 20 janvier 2017, la ministre des familles, Laurence Rossignol, a lancé officiellement l’Agence de recouvrement des impayés de pensions alimentaires (Aripa). C’est une excellente nouvelle pour les mamans seules (les plus nombreuses). Un numéro unique est ouvert (0821 22 22 22), ainsi qu’un site Internet (www.pension-alimentaire.caf.fr). Les Caisses d’Allocations Familiales vont être dotées de plus de moyens pour « récupérer » les pensions impayées et pour soutenir financièrement les familles les plus fragiles.

 

On sait aussi que la monoparentalité est un facteur de risques éducatifs importants, et la question n’est donc pas que financière, il faut accompagner les mères et les pères seuls dans l’exercice de leur parentalité. Cela veut dire : mieux repérer les situations à risques et prévenir les ruptures éducatives, par la médiation, par les conseils, par l’accompagnement, par le lien social…

 

Il y a quelques jours, j’ai reçu, lors d’une permanence du Département, un père seul et j’ai rencontré un homme très digne mais en pleurs lorsqu’il me racontait ses difficultés, à la fois financières (avec des charges locatives qui dépassaient ses possibilités) et éducatives. Les hommes, me semble-t-il, appellent moins facilement au secours que les femmes ; ils se racontent moins souvent à leur voisinage. Il faut donc porter une attention particulière aux pères seuls.

 

Des associations existent, des réseaux de familles monoparentales, comme le réseau https://parents-solos-compagnie.org/. (en illustration de cet article, le logo du site) Je voudrais, dans le Haut-Rhin, encourager les initiatives en direction des familles monoparentales. Je voudrais dire aux parents seuls que non, ils ne sont pas seuls, nous sommes, nous devons être à leurs côtés.