Discours 20 novembre

Mesdames, messieurs,

Lorsque le Président Straumann m’a confié la présidence de la Commission départementale Solidarité, Famille, Insertion, Logement, tout d’abord j’ai tenu à le remercier de la confiance qu’il m’accordait sur des enjeux qui comptent pour chaque Haut-Rhinois, qui touchent à leur vie quotidienne, on pourrait même dire à leur intimité.

Mais je lui ai dit aussi que ces dossiers, je les aborderais avec ma manière d’agir : proximité (être proche des gens) et accompagnement (développer leur capacité à agir dans leur propre vie et dans celle de leurs familles). Il m’a dit simplement que celle-ci lui convenait tout à fait puisque c’est ce que les gens attendent de nous.

Sur ma table de travail, j’ai trouvé un dossier que je découvrais : la protection de l’enfance qui comprend pour une part essentielle la protection des enfants et des jeunes qui nous sont confiés, à nous Département, à nous structures d’accueil, à nous familles d’accueil, parce que ses enfants, ses jeunes, ne bénéficient pas comme d’autres de la protection parentale.

Je ne suis pas de ceux qui disent : avant moi, rien ne se passait ! J’ai rencontré au département des services compétents, très conscients des enjeux. Ils m’ont expliqué ce qu’ils faisaient, leurs succès mais aussi leurs difficultés. J’ai beaucoup consulté et après quelques mois d’état des lieux, j’ai proposé un plan d’action au Président Straumann et aux élus du Département. Ce plan vise à conforter ce qui marche et à réparer ce qui marche moins bien.

Ce plan d’actions, avant de vous en présenter les lignes principales, peut se résumer en cette phrase que le président Straumann a voulu ainsi exprimer : que personne n’oublie qu’un jour il a été enfant et que chacun, adulte, puisse agir avec les enfants confiés comme s’ils étaient ses propres enfants ou comme s’ils étaient l’enfant qu’il fut lui-même. Cela, c’est l’esprit de notre travail. A partir de là, on comprend comment on doit agir en direction d’enfants fragilisés par la pauvreté, par des défaillances affectives, souvent par la violence et l’insécurité. Qu’attendent-ils de nous ? Le contraire de ce qu’ils ont vécu : ils ont besoin d’affection, de considération, d’ouverture d’esprit, d’une relation de confiance, ils ont besoin d’exemples positifs, d’amis de leur âge, d’adultes de référence. Le contraire, oui, mais sans rupture : ils ont besoin de connaître aussi leurs racines, d’être rattachés à une histoire, à des lieux, à des gens, et non pas à des institutions, à des dispositifs, à une politique publique. Cela, c’est notre affaire, ce n’est pas la leur.

Pour construire cette sécurité autour de l’enfant, nous avons besoin de tous et c’est pourquoi, j’ai tenu à rencontrer d’abord tous ceux qui agissent, les professionnels bien sûr, mais surtout les familles d’accueil, mais aussi les enfants eux-mêmes. La proximité, c’est cela. Une politique ne se construit pas dans un bureau, elle se construit dans les échanges avec les gens. Tous seront invités à continuer à donner leur avis, à évaluer notre action, à la faire évoluer. C’est cela, la proximité. Et tous seront aidés pour remplir leurs missions d’éducateurs, je pense en premier lieu aux familles naturelles, quand elles existent, et aux familles d’accueil, quand elles suppléent ; je pense aussi aux adolescents de l’ASE qui peuvent légitimement se sentir responsables non seulement d’eux-mêmes, mais aussi des plus jeunes, leurs petits frères, leurs petites sœurs, leurs proches. C’est cela l’accompagnement : donner à chacun le pouvoir d’agir sur sa vie et sur celle de ses proches, sur son environnement.

Telle est ma manière d’agir. Telle est celle du Département.

Vous l’aurez compris, ce que nous voulons pour l’enfant, c’est un parcours de vie positif, c’est faire de ses difficultés des atouts psychologiques et mentaux pour se construire, c’est un parcours sans rupture, fluide, sans créer de nouveaux abandons à chaque fois que change sa situation, à chaque nouvelle étape de sa vie.

Pour ne pas se tromper dans nos analyses et dans nos actions, nous avons besoin d’observer les situations et le Département crée un Observatoire de l’enfance et de l’aide sociale à l’enfance.

En cette journée internationale des droits de l’enfant, il était important pour nous de nous associer à tous ceux pour qui cette journée est un temps fort pour dire notre engagement auprès des enfants pauvres, isolés, maltraités, victimes d’abus, victimes d’ignorance, souvent invisibles, décrocheurs.

En cette journée internationale des droits de l’enfant, il est important pour nous de vous dire ce que nous faisons, ce que nous engageons.

En cette journée internationale des droits de l’enfant, il est important aussi pour nous de dire tous nos remerciements à celles et ceux, nombreux, motivés, professionnels ou bénévoles, qui agissent pour ces enfants. Le 20 novembre n’est pas un jour comme les autres, il annonce les jours suivants, les mois suivants, où toute l’année l’enfant sera au cœur de notre attention, de notre vigilance, de notre confiance. L’enfant qui est l’homme de demain. L’enfant qui est notre avenir à tous, notre avenir commun. L’enfant qui aura en lui la force que nous lui transmettrons, la force d’agir, la force d’être.