Enfin une démarche d’inclusion

Le projet de loi Egalité et citoyenneté a été adopté en première lecture par l’Assemblée nationale le 6 juillet 2016. Sur bien des aspects, ce texte est une réelle avancée pour engager notre pays dans une lutte déterminée contre l’exclusion et pour nous engager enfin dans une démarche d’inclusion. Il faut bien comprendre que lorsqu’on pense à l’exclusion territoriale (des quartiers), c’est d’abord d’une exclusion humaine dont il faut parler. Les habitants des quartiers populaires, exclus du développement, exclus de l’économie, exclus de la démocratie, s’installent dans une manière de vivre où ils vont chercher à vivre malgré tout heureux, dans une sorte de résilience, individuelle et collective. Ils vont s’installer dans le repli sur le quartier et se fabriquer une vie à la marge de la société environnante, à la marge de la République. C’est ce qu’il faut à tout prix éviter : le sentiment d’exclusion d’une partie de ses habitants n’est jamais bénéfique pour une ville, pas plus qu’il ne peut l’être pour un pays tout entier.

S’il est inconcevable de laisser des territoires de nos villes et leurs habitants dans l’exclusion, c’est donc une vraie démarche inclusive qu’il faut proposer et engager. Comment faire ? Il faut regarder positivement les pratiques culturelles, économiques, sociales qui naissent dans ces quartiers et les accompagner pour qu’elles s’adaptent à nos règles communes, à notre manière de vivre, non pas dominante mais partagée. On voit se développer des petits commerces, c’est le signe d’un esprit d’entreprise, d’une capacité à prendre sa vie en main ! Cette volonté d’entreprendre doit être accompagnée, pas rejetée. On voit naître des initiatives sociales ou culturelles, c’est le signe d’une créativité et d’un esprit solidaire ! Cette volonté d’agir doit être accompagnée, pas rejetée. La solution, c’est de faire en sorte que tout le monde soit accompagné. Nous ne devons pas laisser des quartiers et leurs habitants s’installer dans l’exclusion territoriale, dans l’exclusion humaine. Nous ne devons pas laisser les jeunes à la marge. L’autre jour, j’ai entendu un éducateur dire : « Les jeunes, si vous ne leur donnez pas une place, ils la prendront. » Combien il a raison !

jeunes

Exclure, c’est renforcer le communautarisme, c’est laisser s’installer des commerces parallèles, c’est avec l’absence d’avenir, exposer les enfants à tous les risques… Exclure, c’est affaiblir la République. Inclure, c’est renforcer la République.