Intervention du 25 Novembre: Mariage forcé

Les violences faites aux femmes demeurent l’un des plus grands scandales en matière de droits humains, car pendant trop longtemps elle a été niée. C’est une vraie atteinte à la dignité et à l’intégrité de la femme.
Depuis 1984, les violences sont devenues une affaire d’Etat, depuis que la France a ratifié la convention sur l’élimination de toutes formes de discrimination à l’égard des femmes de l’ONU, qui les considère comme des conséquences liées à la discrimination faite aux femmes. Depuis, la France est tenue par la réparation des dégâts causés par ces violences et par la prévention.

Les mariages forcés sont l’une des violences faites aux femmes, ils sont un délit sur notre territoire. Mais comme ces pratiques sont liées à des traditions, la loi ne suffit pas. Il faut aussi les prévenir et briser le silence pour que les victimes les dénoncent. Notre colloque aujourdhui va permettre d’aller dans le fond du sujet pour comprendre ces traditions et ce mécanisme qui font que des parents obligent leur fille à subir les conséquences désastreuses de ce piège. Les pratiquent du mariage forcé constituent encore en France, un phénomène préoccupant. Il peut concerner les jeunes filles, les jeunes femmes ou encore les jeunes hommes. La lutte contre ce phénomèneest complexe car ceux-là résultent des violences morales, psychologiques et physiques intrafamiliales. Les auteurs peuvent être le père ou la mère et parfois même le grand frère. Le mariage forcé rend la preuve d’un vice de consentement très difficile, la victime hésite à porter plainte. En France, ces pratiquent sont interdites mais malheureusement cela ne les éradiquent pas car elles peuvent être pratiqués à l’étranger dans les pays d’origine, d’où la nécessité d’une coopération internationale avec les pays d’origine et donc de leur prévention en dehors de la France. Notre intervenante, Malika Benradi, qui vient du Maroc, nous rappellera tout à l’heure que depuis que la loi a changé au Maroc, il y a moins de mariage forcé. Certes, la victime de ce mariage peut demander sa nullité puisque c’est un délit qui porte atteinte à l’ordre publique, d’où l’intérêt des campagnes d’informations et de préventions.

Au moins 100 à 140 millions de femmes et de filles dans le monde ont subits des mutilations génitales. Chaque année, deux millions de nouvelles fillettes courent le risque d’en subir. Ces pratiquent peuvent avoir des conséquences graves sur la santé physique et psychologique. En France 60 mille femmes sont excisées ou susceptibles de l’être, une vraie atteinte à la valeur de l’intégrité corporel. Nous devons trouver ensemble la meilleure façon d’aborder le problème avec les familles à risquent, d’où l’invitation d’une experte d’origine sénégalaise, connaissant les traditions et les coutumes et en même temps chercheur dans la matière. Son intervention nous permettra de mieux comprendre ce problème, pour mieux l’appréhender, car la violence pratiquée contre ces femmes et ces fillettes, sous forme de mutilation génitale, est une violation de leurs droits humains fondamentaux.

Ces deux exemples sont des exemples qui sont emblématiques d’une problématique beaucoup plus vaste et les intervenants aborderont de nombreuses facettes. Pour ma part, j’aimerai terminer cette introduction par un appel à une véritable prise de conscience républicaine. La France est le pays des droits de l’Homme et en tout cas elle aimerait se voir comme cela. C’est en grande partie le cas. Mais la notion des droits de l’homme est dynamique, en constante évolution et en constant besoin d’être défendue et rappelée. Tous, et notamment toutes les instances politiques et administratives ont un devoir de défense et d’intervention pour combattre ce fléaux. Je suis donc particulièrement fière que la ville de Mulhouse, grâce tout particulièrement au soutien infatigable de notre maire, soit en pointe dans ce combat.