Je prends les Mulhousiens à témoins

Mulhouse a beaucoup d’atouts : c’est la ville de la jeunesse, c’est la ville des trois frontières, c’est une ville à l’histoire industrielle prestigieuse.

Alors, pourquoi reste-t-elle à la traîne de ses voisines : Bâle, Fribourg et même Colmar ?

Je fais le constat du dynamisme de ma ville, mais aussi celui de l’apathie coupable de ses responsables politiques. Rien que sur le sujet du logement, point crucial pour le développement d’une ville, la preuve en est flagrante.

Des copropriétés abandonnées à leur sort

81 % des copropriétés dégradées de l’agglomération sont à Mulhouse. Elles sont, pour beaucoup d’entre elles, en très grande difficulté.

Le ministre Julien Denormandie est venu il y a six mois. Il a lancé le plan « Initiatives copropriétés » en en faisant bénéficier les cinq copropriétés des Coteaux. Or, qu’a fait  la municipalité depuis six mois ? RIEN !!! La commission de l’élaboration du plan de sauvegarde ne s’est jamais réunie ! Pourquoi ? Est-ce que la Maire et les élus concernés auraient quelque chose à cacher aux habitants ? Est-ce qu’ils auraient en tête un plan d’expropriation ? Ce qui passerait mal avant les élections ! Est-ce qu’ils auraient un projet de démolition ?

Une municipalité qui méprise les attentes des Mulhousiens

Les habitants s’interrogent. Ils sont en souffrance. Leur attente est insupportable.

Est-ce que la Ville compatit ou pas ? Est-ce que les élus pensent aux habitants ou d’abord à leur réélection ?

Là, je m’interroge et je prends les Mulhousiens à témoins. Nous avons une municipalité qui méprise les attentes des Mulhousiens, qui enterre les dossiers ou les repousse au lendemain. Mais c’est tout de suite qu’il faut agir !

Sur les Coteaux, ce qu’il faut faire, c’est le contraire de ce que fait la maire actuelle. Moi, je dis : commençons par l’urgence, et l’urgence, c’est la copropriété Peupliers-Nations.

Soyons réactifs et en phase avec les problèmes dans toute leur complexité.

Répondons à la souffrance par notre présence : tout de suite, pas demain !

Alors que des solutions existent

Nous avions permis à Mulhouse de bénéficier du programme « Action cœur de ville » ; la Maire en a décidé autrement en refusant de signer la convention avec l’État.

À nouveau, je prends les Mulhousiens à témoins : mais est-ce de l’aveuglement, ou pire encore ?

Depuis mon intervention sur la Tour de l’Europe au dernier Conseil municipal, j’apprends chaque jour de nouvelles choses et mes craintes sont confirmées.

La Tour de l’Europe est bien plus qu’un symbole pour Mulhouse, c’est un atout économique majeur pour le centre et le péricentre de la ville.

Tour de l’Europe

La Tour, ce n’est pas seulement le restaurant dont il est question aujourd’hui. Ce sont des habitants et des entreprises. Des entreprises qui ont des salariés. Des salariés qui font vivre les commerces de proximité, qui consomment, qui apportent du dynamisme.

La Tour de l’Europe, c’est une copropriété qui est intégrée prioritairement à l’action des Initiatives Copropriétés régionales.

Le Comité Régional de l’Habitat attend toujours un projet ! Moi, je propose un projet d’ensemble de réhabilitation du bâti, comme une OPAH,  avec un projet humain, pourquoi pas issu de la société civile.

Or, l’association Vive la Tour, qui a un projet intergénérationnel pour les habitants de la Tour, n’a pas reçu le soutien qu’elle pouvait attendre de la Ville. Pourquoi ? Je prends les Mulhousiens à témoins  de cette indifférence de la Maire et des élus concernés.

Savez-vous que la préemption du restaurant entraîne un coût d’environ 5500 € de charges locatives par mois pour la Ville ?

Tout ça pour quoi ? Pour l’illusion de faire revivre ce lieu comme avant alors que les conditions techniques ne le permettent plus ?

Pour un projet que personne ne connait, qui n’est pas concerté, pas raisonné, pas inscrit dans une vision globale.

La encore, le programme Action Cœur de Ville aurait permis d’agir globalement, efficacement et rapidement : il aurait aidé à gagner la lutte contre les marchands de sommeil, à redynamiser le commerce – y compris sur l’avenue de Colmar ou la rue de Bâle -.

Il aurait aussi pu faire bénéficier automatiquement les investisseurs et les entreprises de tous les nouveaux dispositifs Denormandie.

Exemple : pour l’achat d’un bien de 150 000 € avec 50 000 € de travaux, l’aide est de 42 000 € pour une location de 12 ans, soit 3 500 € de déduction par an.

Impossible de réveiller la maire actuelle !

L’urbain et l’humain vont ensemble, je ne cesserai jamais de le répéter. Nous avons entre les mains des outils puissants de réhabilitation de l’habitat – via l’investissement locatif – et de redynamisation de l’économie – via le soutien aux entreprises et aux commerces. Mais la maire actuelle laisse encore passer le train.

Oui, le train est passé et Mulhouse est restée en gare, contrairement à Colmar, par exemple. Pourquoi ? Je prends les Mulhousiens à témoins de cette absence criante de vision et d’ambition.

Cette ville, notre ville, est en voie de grande paupérisation.

L’appauvrissement de la population a des conséquences sur la cohésion sociale, sur le vivre ensemble. Chacun va accuser son voisin alors que l’un et l’autre sont les victimes de ce qui se passe.

Je dénonce le laissez-faire de la municipalité : le rôle d’un maire est de défendre son territoire, de le promouvoir, de porter les projets de ses habitants, de les coordonner.

Le rôle d’un maire est d’être réactif, pas attentiste. Or la maire actuelle n’exerce pas les missions qui sont les siennes : elle ne mène pas ce combat contre la paupérisation de notre ville, pour la cohésion sociale et le vivre ensemble.

Les Mulhousiens aiment leur ville,  soyons à la hauteur de cet amour !

En conclusion, je dirais ceci : les Mulhousiens aiment leur ville,  soyons à la hauteur de cet amour ! J’attends beaucoup de la société civile de Mulhouse, de ses associations, comme l’ADIL, pour le volet urbain, et l’association Espoir, pour le volet humain, mais aussi des associations de proximité, des associations professionnelles, des commerçants, des entreprises.

J’ai pris aujourd’hui deux exemples de l’inaction municipale, parce qu’ils sont particulièrement emblématiques et parce qu’ils revêtent, je l’ai dit, un caractère d’urgence.

Mais j’aurais pu en citer de nombreux autres : je pense aux copropriétés Dunkerque, Diamant noir, etc. Je pense à tous nos territoires dont chacun a ses caractéristiques propres…