Lutter contre la pauvreté, c’est investir pour l’avenir

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Donner plus à ceux qui ont moins, ce ne sont pas des dépenses supplémentaires, c’est un investissement pour l’avenir. A nous tous de le démontrer. Le Président de la République a lancé une Stratégie. La lutte contre la pauvreté nous concerne tous.

La pauvreté est un fléau. 8,8 millions de personnes vivent en France sous le seuil de pauvreté (selon l’indicateur économique défini par l’INSEE). Cela veut dire pour chaque enfant qui nait et qui grandit dans une famille pauvre une inégalité de destin : dès son plus jeune âge, il apprendra que cela va être beaucoup plus difficile pour lui d’exprimer ses talents et de réaliser ses rêves. Etre pauvre, cela veut dire vivre dans un logement qui n’offre pas toujours des conditions dignes pour les besoins les plus essentiels. Etre pauvre, cela veut dire se priver de soins et mettre de côté sa santé, se priver de loisirs et mettre de côté sa vie sociale, se priver de visites parce que l’on ne peut pas ou que l’on n’ose pas recevoir, se priver de culture et de tout ce qui fait la beauté de la vie…

Pour la première fois, un Président de la République parle de « pauvreté » et le seul fait d’utiliser cette expression – « les pauvres » – dans la bouche du plus haut responsable de l’Etat est un fait à noter, tant jusqu’ici les politiques en avaient fait un tabou, jusque dans leur vocabulaire. Mais si en parler, c’est bien, agir c’est mieux.

La stratégie nationale de lutte contre la pauvreté, présentée le 13 novembre 2018 par Emmanuel Macron, comporte des mesures nombreuses et importantes. Je souhaite revenir en quelques mots sur certaines d’entre elles, pour saluer des choix qui sont les bons dans la volonté du Président de « donner plus à ceux qui ont moins ».

Créer un Revenu universel d’activité : même s’il faudra attendre 2020 pour espérer changer la loi et mettre en place cette nouvelle prestation, l’espoir est là de ne plus rendre possible demain ce qui aujourd’hui prive beaucoup de leurs droits.

Créer un Service public de l’insertion : c’est redonner à l’Etat la main sur des dispositifs qui aujourd’hui sont confiés notamment aux départements et c’est l’espoir d’un traitement égalitaire alors qu’il est aujourd’hui différencié selon l’endroit où l’on habite et selon les choix politiques locaux.

Etendre l’obligation de formation à l’âge de 18 ans, c’est l’espoir que plus aucun jeune ne quitte la scolarité sans un diplôme ou une qualification.

Créer 500 000 garanties jeunes, c’est prolonger et accentuer une mesure, prise dans le précédent quinquennat et qui a fait ses preuves, pour permettre aux jeunes adultes d’accéder plus facilement à un logement.

Créer 240 000 contrats d’insertion par l’activité économique, c’est miser sur l’économie sociale et solidaire en tant que chance pour les personnes les plus éloignées de l’entreprise.

Créer un fonds pour financer des petits déjeuners dans les écoles prioritaires et un fonds d’innovation sociale pour la formation des professionnels de la petite enfance, c’est, en donnant la priorité à l’enfance et à la petite enfance, mettre les plus jeunes sur la voie d’un meilleur avenir.

Permettre la cantine à un euro dans les petites communes et les quartiers prioritaires, c’est agir sur les signes les plus intolérables de la pauvreté.

Offrir des bonus financiers aux collectivités qui ouvriront de nouvelles places de crèches aux enfants des quartiers défavorisés, c’est une chance dont nous devons nous saisir pour offrir aux familles la possibilité de choisir sans les freins qu’elles connaissent aujourd’hui.

Etendre l’aide sociale à l’enfance jusqu’à l’âge de 21 ans, c’est faire en sorte que plus aucun jeune ne sorte sèchement de tout accompagnement à sa majorité mais qu’il puisse entrer progressivement dans son autonomie d’adulte, comme cela se fait dans toute famille. En tant qu’élue départementale présidant la commission solidarité famille insertion, je suis particulièrement attentive à cette décision. J’ai lu quelque part que 25% des personnes sans domicile fixe sont passées par l’aide sociale à l’enfance. Cela doit nous interroger tous.

De nombreux pauvres sont des personnes en situation de handicap. Ce plan Pauvreté vient renforcer ou créer de nouvelles dispositions pour que handicap ne soit pas synonyme de précarité. Il est temps d’agir tant la priorité affichée sur le handicap tarde à se dessiner.

Le renoncement aux soins ne devrait plus exister dans une société moderne. En intégrant l’aide à la complémentaire santé (ACS), marquée par un taux de non-recours supérieur à 50 %, à la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C) avec une participation financière inférieure à 1 euro par jour, dès le  1er novembre 2019., c’est un levier efficace qui a été retenu et 1,4 million de personnes (ex-bénéficiaires de l’ACS) devraient en bénéficier, dont beaucoup de personnes âgées et handicapées.

L’automaticité du renouvellement des droits à la CMU-C pour les allocataires du revenu de solidarité active (RSA), nous l’attendions, elle sera la règle.

Enfin, plus de moyens seront attribuées à l’Assurance Maladie pour renforcer les solutions d’accompagnement social avec la création de 1 450 lits d’accueil médicalisé (LAM) et lits halte soin santé (LHSS) supplémentaires d’ici 2022, et 1200 places supplémentaires seront ouvertes pour les appartements de coordination thérapeutique.

Donner plus à ceux qui ont moins, ce ne sont pas des dépenses supplémentaires mais c’est un investissement social. La pauvreté est un cercle vicieux. La lutte contre la pauvreté est un cercle vertueux.