Le pouvoir d’agir, c’est d’abord un savoir-être

Les citoyens ne sont pas des moutons, ils n’ont pas besoin de chiens de berger. Vous le savez maintenant, le but que je poursuis est de permettre à chacune et à chacun de retrouver son pouvoir d’agir sur soi-même et son pouvoir d’agir avec les autres. Il ne s’agit pas de guider les gens pour qu’ils se comportent comme les institutions et comme les normes l’attendent. Il s’agit de leur permettre d’être ce qu’ils sont et ils ne sont pas des idiots sans compétences et sans savoirs.

Élue au service des habitants, jamais je ne me poserai comme celle qui sait, face à ceux qui ne sauraient pas. Mon devoir est d’instaurer entre vous et moi une égalité, chacun à sa place certes, mais égal. C’est la condition de la confiance.

Élue au service des habitants, jamais je ne me considérerai comme au-dessus des citoyens. Mon exigence est d’être proche de chacune et de chacun. Confiance et proximité sont les préalables qui seules rendent possible la discussion, d’égal à égal. Bien sûr, j’ai des responsabilités, elles ne me dispensent pas, elles m’obligent. Vous avez le droit d’être en désaccord avec moi, vous avez aussi celui d’être en accord, vous avez le droit d’avoir des idées différentes, celui d’avoir une manière d’être, une manière d’agir, de vous comporter, différentes de la mienne, j’ai le devoir de vous entendre, de vous écouter, de vous comprendre – ou pas, d’accepter vos désaccords, de vous répondre, j’ai le devoir de vous respecter. Celui qui n’est pas capable de cela n’a pas sa place en politique, ni d’ailleurs dans un métier au service du public.

Mais je ne suis pas naïve non plus. Je sais bien, et vous savez bien, que le groupe, la société, ne sont pas spontanément prêts à cette manière d’être. Car elle s’apprend, elle s’apprend dans la discussion, dans le respect de l’autre. Développer son pouvoir d’agir, pour vous comme pour moi, c’est d’abord progresser dans son savoir-être. Le pouvoir d’agir nous élève, au lieu de courber notre échine.

C’est parce que nous avons besoin de réussir ensemble que nous pouvons développer ensemble notre pouvoir d’agir. Pour moi donc, le « pouvoir d’agir » est un outil, pour les gens, c’est un besoin. Pour leur santé, pour leur bien-être, pour leur développement personnel, professionnel, pour leur vie de famille, en société, c’est un besoin.

Mon devoir et le devoir de mes collaborateurs des services de la Ville, du Département et d’ailleurs, est de créer les situations qui rendent ce dialogue et cette co-construction possibles, les situations qui obligent à nous mettre ensemble en capacité d’inventer, d’innover. Nous sommes de toute manière aujourd’hui obligés d’imaginer autre chose que ce que nous avons connu dans le passé, la crise nous y oblige, la baisse des fonds publics nous y contraint, la frilosité des uns, la paralysie des autres ne  nous laissent aucun choix, il faut agir, il faut faire, il faut inventer.

J’attends de chacun la plus grande ouverture d’esprit, pour créer entre tous ces interactions, pour installer le pouvoir d’agir. Le pouvoir d’agir est un état d’esprit, celui d’accepter et de défendre la dignité et la pleine humanité de l’autre ; il est de ne pas attendre que la solution vienne d’ailleurs mais de soi. Un dicton, paraît-il africain, dit à peu près ceci : « il ne faut pas aller à la pêche pour apporter aux gens des poissons, il faut leur apprendre à pêcher ». Ce dicton est juste : c’est l’apprentissage de l’autonomie. Mais le pouvoir d’agir, c’est plus que cela encore, c’est plus que l’autonomie, car imaginons que la rivière aie perdu ses poissons, à quoi servira la canne à pêche ? Chacun doit acquérir cette force d’inventer la solution pour s’en sortir néanmoins quand la rivière est à sec.