Protéger nos commerces

Nous sommes tous d’accord pour constater que la première vague du Covid-19 a fragilisé notre territoire mulhousien, lui a fait payer un bien trop lourd tribut humain. Nous avions passé cette première épreuve dans la douleur certes, mais unis.

Nos commerçants ont un grand sens des responsabilités

Au printemps, l’urgence et la priorité étaient de fournir à tous des masques, du gel hydroalcoolique, des tests. Ce cap aujourd’hui est franchi avec le concours de tous les acteurs impliqués, y compris avec l’engagement bénévole des associations. Il a fallu ensuite, pour tous, intégrer les protocoles sanitaires dans tous les espaces publics. Les commerçants ont été les premiers à les mettre en place avec un grand sens des responsabilités et en faisant déjà de gros sacrifices financiers dans leurs chiffres d’affaires, mais ils l’ont fait volontiers, pour l’intérêt général, pour le bien et la santé de tous.

Puis est arrivée cette deuxième vague que l’on redoutait et le deuxième confinement avec cette distinction toujours contestable et logiquement contesté entre ce qui est essentiel et ce qui ne le serait pas. Là encore, les commerces restés ouverts ont appliqué les règles fixées par le gouvernement pour éviter toute concurrence déloyale en fermant de nombreux rayons. Ils l’ont fait, encore une fois, sans rechigner, pour l’intérêt général.

On sait que le commerce en ligne par les grandes plateformes est une menace grave pour le commerce de proximité. Il l’était avant. Il l’est encore plus dans le contexte actuel du confinement. Notre devoir à nous est de protéger nos commerçants qui font l’attractivité de notre ville, l’animation de nos rues, le lien social. Nous sommes bien tous d’accord que nous ne voulons pas d’une ville avec des rues bordées de rideaux métalliques fermés.

Une bouffée d’air salutaire

L’opération “Je soutiens mon commerce” est une bouffée d’air salutaire. Elle contribuera à ce soutien, mais on sait déjà qu’elle n’y suffira pas.

Nous devons engager et entretenir une relation étroite et continue avec les commerçants et leurs représentants dans leurs différents corps de métiers pour rechercher avec eux des solutions et les défendre. Les besoins des uns et des autres ne sont pas les mêmes.

Je pense aux cafetiers-restaurateurs qui sont les plus touchés sans qu’ils soient capables d’entrevoir le bout du tunnel. On parle de janvier voire de février. Combien seront capables de rouvrir leurs portes dans un délai aussi long.

Je pense à tous les métiers de l’esthétique, aux coiffeurs mais pas seulement. Souvent dans ces métiers, nous avons affaire à des entreprises familiales, sans salariés, et ils échappent aux aides publiques accordées par l’Etat, alors qu’ils sont les plus fragiles. Il y a souvent des franchisés, il y a souvent des indépendants qui viennent à peine de s’installer et qui n’avaient pas encore établi leur chiffre d’affaires attendu après une période de lancement, il y a souvent des affaires très liées à des prêts bancaires et à des plans de financement serrés. Toute cette économie est aujourd’hui dévastée.

La plupart de ces professionnels échappent, je le répète aujourd’hui, aux aides pourtant très conséquentes et jamais vues dans l’histoire, accordées par l’Etat. C’est vers cette économie locale la plus fragile que nous devons, nous, collectivité, tourner prioritairement notre regard. Le faisons-nous assez ? Nous pouvons sans aucun doute mieux faire.

Je pense aussi aux jeunes, et notamment aux étudiants, qui vivaient auparavant grâce à ces métiers de la restauration, de l’hôtellerie, de la culture, du sport amateur et qui aujourd’hui sont les victimes directes de la crise.

Acheter mulhousien

Bien sûr, tout ne peut pas être fait par la Ville. Je sais que beaucoup de solutions relèvent de l’échelle de l’agglomération et du bassin de vie et d’emploi plus largement. Toutes les collectivités concernées, et je sais qu’au Département nous y prenons notre part, doivent agir ensemble et en complémentarité. C’est un élan commun que nous devons prendre : nous devons faire plus, plus vite et tous ensemble, techniquement et financièrement.

Nous devons mettre en place les outils pour encourager nos concitoyens à réserver leurs achats aux commerçants de notre ville, pendant le confinement et après, faciliter les livraisons à domicile.

Nous devons être mobilisés pour une grande campagne de communication pour « Acheter Mulhousien ».

Aidons nos commerces à organiser le click and collect, encourageons nos administrés à limiter leurs achats en ligne, hors commerces mulhousiens, n’achetons que ce qui est indispensable. Imaginons de nouvelles formes de livraisons à domicile, à partir de nos commerces mulhousiens.

Ecoutons les commerçants

Ecoutons les commerçants. Ils ont des idées ! Et essayons de les aider à réaliser leurs idées pour s’adapter vite et efficacement. Et lorsque le confinement sera allégé, aidons les à assurer la sécurité sanitaire. Mettons en place une nouvelle période de gratuité du stationnement et proposons pour l’agglo des transports en commun gratuits jusqu’à la fin des soldes d’hiver.

Faisons tout ce qui est en nos possibilités pour maintenir l’attractivité de notre ville en construisant autour de cet enjeu un dialogue constructif et intensif avec TOUS les acteurs du commerce de détail : grandes enseignes et petits commerçants.

Plus que jamais nous devons rester unis et solidaires, la solidarité citoyenne de chacun doit être sollicitée pour aider nos commerçants à surmonter cette épreuve. A l’échelle de Mulhouse cet épisode douloureux doit être un défi révélateur de notre capacité à nous serrer les coudes dans l’adversité.

Mulhouse a toujours trouvé des solutions dans les pires heures de son histoire, aujourd’hui encore montrons notre réactivité et soutenons tous nos commerces.