Tous acteurs, tous gagnants

FJ 290118

Le lundi 29 janvier 2018, nous avons accueilli à Mulhouse les Etats généraux de la politique de la ville, organisés par Territoires gagnants, autour de la question de la Formation professionnelle et de l’Apprentissage. Cette journée a été une étape importante, et même essentielle, dans ce que nous sommes en train de construire ensemble : une politique de la ville de nouvelle génération, qui parte de vous, qui vous ressemble, qui vous rassemble, qui vous mette en confiance, qui vous mobilise, qui vous rende ce que vous n’auriez jamais dû perdre, votre pouvoir d’agir.

Cette année n’est pas électorale. Profitons-en pour agir ! Agir sans esprit partisan. Agir pour faire gagner nos territoires, agir pour faire gagner les habitants de nos villes et de leurs quartiers.

La question du logement privé

Lorsque je me suis rapprochée du Collectif des Etats Généraux de la Politique de la Ville en octobre 2017 à Grigny, j’y suis venue pour exprimer ce que je rencontrais ici à Mulhouse et dans notre département: le chômage des jeunes, les discriminations, la solitude des personnes âgées, le courage digne des mamans isolées… J’y suis venue en portant aussi des sujets de préoccupation que je trouvais pas suffisamment pris en compte dans la politique de la ville : la question du logement privé, les copropriétés dont les habitants ne parviennent pas à assumer les charges de réhabilitation ; la dégradation des logements indignes dans certains quartiers anciens, comme le Péricentre à Mulhouse ; les marchands de sommeil contre lesquels nous devons lutter.

Des territoires gagnants

Je sais que Mulhouse est une ville fragile, une ville dont près de la moitié des habitants vit dans les quartiers prioritaires, une ville qui connait une grande, et même très grande, pauvreté.

Mais je sais aussi, et c’est une conviction profonde, que par-delà toutes ces fragilités, nous pouvons faire de nos lieux de vie des territoires gagnants. Ce n’est pas un slogan. C’est d’abord parce que j’observe aussi toutes les qualités et toutes les ressources de notre ville et de notre région.

Une ville et sa région qui ont une tradition industrielle. Mais il nous faut aujourd’hui accompagner les mutations de nos industries et de notre économie. J’entends tous les jours des entrepreneurs prêts à investir ici et qui n’attendent qu’une écoute favorable à leurs projets de la part des décideurs publics. Ouvrons-nous aux nouveaux marchés internationaux.

Mulhouse et notre région ont des atouts

Nous avons des spécificités locales : qu’elles deviennent des atouts ! Mulhouse est une ville jeune, une ville chaleureuse, une ville ouverte au monde depuis toujours.

Notre ville et notre région sont frontalières avec la Suisse, avec l’Allemagne. Nous savons là que des solutions s’offrent à nous si nous développons les partenariats avec les entreprises de l’autre côté du Rhin et si nous aidons nos concitoyens à répondre aux attentes de nos voisins. Levons un par un les obstacles : la non-maîtrise de la langue allemande, le manque de connaissance des offres d’emplois au-delà de la frontière.

L’apprentissage: une solution

On se demande souvent pourquoi l’Allemagne réussit mieux que nous l’accès des jeunes à l’entreprise. L’Allemagne a investi depuis longtemps ce moyen-clé qu’est l’apprentissage. En Allemagne, l’apprentissage est la filière d’excellence. L’apprentissage permet aux jeunes d’acquérir, non seulement des savoir-faire, des gestes techniques, mais aussi les valeurs et la passion d’un métier, que des maîtres d’apprentissage qualifiés savent transmettre. L’apprentissage est un mode de formation pour tous, quel que soit le niveau, quelle que soit l’activité. Nos jeunes doivent être formés à l’apprentissage recherché par les entreprises suisses et allemandes mais aussi par les entreprises françaises.

Nous savons que près de 70 % des apprentis trouvent un emploi immédiat à l’issue de leur apprentissage.  Investissons donc cette filière ! En France, l’apprentissage est déprécié, considéré comme la filière des disqualifiés. C’est un comble ! Il est temps que ça change et cela va changer.

Le gouvernement vient d’engager une grande consultation pour réformer, pour transformer, dit-on aujourd’hui, la formation professionnelle et l’apprentissage. Un projet de loi est attendu dans les semaines qui viennent.

Tout le monde a des compétences

Inventons aussi une nouvelle manière d’accompagner nos seniors, qui n’y croient plus parce qu’ils croient qu’à leur âge plus rien n’est possible. Il n’y a pas de date de péremption dans les entreprises ! Seules les compétences doivent compter. Et les seniors en ont.

Les femmes aussi, c’est évident, et je rencontre tous les jours sur nos territoires des femmes qui ont des savoir-faire, une motivation, une énergie à revendre et qui n’attendent parfois qu’un petit complément de formation adapté à leurs besoins, pour passer de l’envie à la réalisation. Sachons innover, expérimenter, inventer des solutions.

Le pouvoir d’agir

Oui, je le sais et je l’observe tous les jours, nos territoires ont des richesses insoupçonnées. A une condition cependant : il faut apporter à tous les habitants confiance et dignité. Donner ou redonner à chacun son pouvoir d’agir.

La démarche dite du Pouvoir d’agir, que les Anglais appellent empowerment, permet à chacun de découvrir tout son potentiel que le plus souvent on ignore ou on mésestime. Lorsqu’une personne est écoutée, valorisée, considérée sur un pied d’égalité, elle peut porter sur elle un autre regard et elle va alors s’apercevoir que les autres aussi la regardent autrement. Lorsqu’une personne est éloignée de l’emploi et du lien social, elle a besoin de restaurer cette confiance en elle et en les autres pour se remettre « en marche ». Dans cette reconstruction, elle recrée des relations positives avec son environnement et peut s’engager dans une démarche citoyenne, avec l’envie d’agir, non seulement pour elle mais aussi pour sa famille, pour son quartier, pour sa ville.

Un territoire gagnant, c’est un territoire où chacun de ses habitants est en position d’être gagnant.

La démotivation est le premier obstacle à l’entrée en formation. Un demandeur d’emploi qui retrouve son pouvoir d’agir sera prêt à se mobiliser pour développer ses compétences personnelles.

Les Etats Généraux à Mulhouse nous ont montré de nombreux exemples d’actions qui réussissent. Ce sont des initiatives d’associations ou de structures d’accompagnement, d’établissements scolaires ou d’organismes de formation…

Le 29 janvier, j’ai largement insisté sur notre réalité transfrontalière en Alsace. Nos territoires gagnants ne peuvent pas tourner le dos au Rhin et à nos voisins allemands et suisses.

Dans le plan de bataille pour l’emploi et pour tous les habitants de nos territoires, lancé par le président de la République à Tourcoing, nous agissons au côté de l’Etat pour faire des propositions utiles à tous. Je participe à des groupes de travail et j’y fais avancer le sujet, auprès du gouvernement, de l’importance de ces innovations transfrontalières. J’y porte aussi sans cesse cette démarche du pouvoir d’agir qui est essentielle pour mobiliser chacune et chacun.

On ne peut pas faire de politique de la ville sans vous.

Vous, les femmes battantes, vous les associations de proximité, vous les associations familiales, vous les créateurs d’entreprises, vous les professionnels des services publics, vous les jeunes, vous les anciens, vous toutes et tous. Prenez la parole ! Agissez !

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